Why do witches burn?

Because they’re made of wood, like bridges, and so float on water, like churches, very small rocks, gravy, and a duck.

Ceci est la version anglaise. Aller à la version Française

Ce film est génial. Il est excellent !! C’est une réussite totale, totalement incroyable, tellement il y avait de possibilités de se planter.
Allez. Tous. Le voir.

Pas tous, tous. Ce film a bien sûr un public.
N’emmenez pas les petits enfants. Il y a de la violence, de la perversité, et des zizis. Un humour assez vulgaire.

Il a aussi un immense respect de l’oeuvre originale, des références nostalgiques super, des scènes d’actions hyper-réussies, un humour excellent (bourrin, aussi, mais je me suis marré du début à la fin).

Le film Nicky Larson entre dans mon top 2 des films français, qui devient un top 3, avec La Cité de la Peur et Astérix : Mission Cléopâtre.

Si vous êtes encore là au lieu d’être allé voir le film, voici en détail (sans le moindre spoiler) pourquoi c’est une totale réussite.


Dès l’affiche on voit bien que le manga est pris en compte.

Club Dorothée et VF des dessins animés de notre enfance

La télé des années 80 a été envahie de dessins animés Japonais. Ils ont été traduits, censurés, et doublés à la va-vite. Créant une nouvelle oeuvre, généralement très très en-dessous de l’originale. Mais le regain de nostalgie français les a rendu fan de ces immondices.
Car soyons clair, si écouter les perles de la VF de Ken le Survivant fait rire, c’est une insulte totale à l’original. Si les comédiens de Dragon Ball mettaient tout leur cœur et on les aime plus que tout, le texte qu’ils ont lu (dans de mauvaises conditions) était dégueulasse.
Moi, le dessin animé Nicky Larson, j’en ai vu un peu à la télé, mais c’est tout. Comme j’imagine la plupart d’entre vous, je n’ai connu les détails des restaurants végétariens et entendu le doublage auto-censuré que des années plus tard sur internet. Moi je connaissais juste le chauve au bazooka et les marteaux géants.
Donc on pouvait avoir très peur à l’idée que des Français fassent un film Français basé sur la version Française de ce dessin animé.
Ce n’est pas QUE ce qu’il font, voir paragraphe suivant.

Le film regorge de références nostalgiques. Pleins de dessins animés et de détails du Club Dorothée sont montrés ou cités, par le biais de jeux de mots divers ou phrases en coin. C’est un plaisir et une esclaffade à chaque fois qu’en sort une nouvelle. Il faudra d’ailleurs que je le revois en faisant pause à pleins de moments pour observer les détails en fond de décors, et trucs écris dès qu’il y a un plan très court sur un écran d’ordi ou de téléphone. (Car je vais acheter le BluRay, c’est sûr).
On a donc bien des fans de notre génération qui veulent rendre hommage et faire renaître toute cette nostalgie, pas se faire du fric sur une licence.

Au final, les noms français sont tout à fait justifiés, puisque l’action se passe en France avec des acteurs français. Même dans le manga, les points purement japonais étaient très rares, et l’action pouvait se passer n’importe où.
Ainsi, le choix pour notre film français est parfait. On assume où on est et le spectateur est immergé immédiatement, il est chez lui.
Le super-fan du manga que je suis n’a pas du tout été dérangé par ça, car tout est reconnaissable immédiatement. Chaque perso adapté, je le connaissais déjà (« Hélène ? C’est qu… Ah, mais c’est Saeko ! »)

Ainsi donc, les saloperies de la VF, la censure, les « bouleeeettes » et autres, ne sont pas utilisés dans l’histoire. Du tout. Mais elles sont référencées, ce sont des blagues nostalgiques qui font mouche, et ne gâchent pas la crédibilité.

L’oeuvre originale japonaise, le manga (et animé) City Hunter

Exemple complet à droite. (Se lit de droite à gauche). Un peu de fanservice nue, un peu de cartoon avec Ryo dans la porte, et un peu d’histoire, où Ryo commence à percer à jour les motivations de la fille →

Lorsque j’ai découvert le Manga imprimé en france par « J’ai Lu », j’ai pris une claque monumentale. L’ayant relu récemment, j’affirme que c’est l’un des meilleurs mangas jamais créés. À part le début qui est moyen, on a plus de 30 tomes de dessins parfaits, de gags cartoonesques hilarants, ainsi que des scènes d’actions excellente et de l’émotion. Son seul défaut c’est qu’il ne contient qu’une histoire. 40 fois la même histoire.

Mais avec à chaque fois, un rire délirant, qui va très loin, complètement irréaliste. On commence avec les marteaux de 100 tonnes, mais on passe aussi à Ryo (Nicky) qui fond au soleil comme un vampire, qui devient tout plat une fois écrasé, qui ne peut tenir un visage sérieux plus de 3 minutes, rampe au plafond comme un cafard… et surtout, bande à tout va ! Sa bosse dans son pantalon peut tout faire ! Des trous dans les murs, porter tout son corps (et tourner comme une toupie), parer un coup de pied !
Jamais délire n’a été aussi grand et inventif et on n’est pas près de le revoir.
Dans ce film, ils n’ont pas repris tout ce qui était cartoonesque, sauf en rêve, et pas de bosse dans le pantalon, mais bien d’autres choix d’humour qui passent très bien et son totalement dans cette ambiance.

Mais surtout, City Hunter a aussi des scènes d’action excellentes, le héros est réellement très très fort et capable d’étaler un gang entier à mains nues. Avec un flingue ou un bazooka, il tire comme un sniper. C’est toujours très bien rendu dans la manga. Et dans ce film… dans ce film français…!! …Les scènes d’actions sont excellentes ! Des scènes de baston et de coup de feu réussies dans un film français ! Vrai de vrai ! J’en ai les larmes aux yeux.
Magnifiques mises en scènes qui montrent en plus toute la maîtrise de Ryo, quand il se bat tout en étant attaché, en vue subjective. Quand il danse, avec une caméra qui tourne autour, magnifiquement !

On retrouve aussi des musiques de l’animé. Alors, peut-être qu’elles étaient aussi dans la série VF, je ne sais pas. Mais moi qui les ai téléc… trouvés par terre en mp3 et écoutés pendant des années, j’étais très content de les retrouver ! Je les trouve superbes les musiques de city hunter.

Et l’émotion… On peut trouver peut-être l’émotion un peu forcée dans ce film (genre vengeance obligatoire), mais c’est celle du manga. On peut trouver l’histoire d’amour bidon, mais c’est celle du manga. La relation Ryo-Kaori (Nicky-Laura) EST celle du manga, mot pour mot, geste pour geste, dans ce film. C’est terriblement fidèle, juste francisé.

Adapter une BD au cinéma Live : 99% de plantage

Ai-je vraiment besoin de citer des noms ? D’ailleurs, la plupart je ne les ai pas vu, les bandes annonces suffisent à montrer qu’on est LOIN LOIN d’une bonne adaptation, voire d’un bon film tout court. (D’ailleurs la bande-annonce de Nicky est assez nulle je trouve. Le film ne ressemble PAS à ça. Il est bien, bien mieux).
Il y a trop à dire, je pense, sur pourquoi les adaptations de BD sont généralement très ratés. Bien des youtubeurs le disent bien, sur des dizaines de vidéos, d’ailleurs.

L’un des points qui me semblent important, c’est la ressemblance des personnages (et du contexte). Très et trop souvent, les acteurs du film ne ressemblent à rien du dessin dont il est tiré. Que ce soit parce que l’on a pris un acteur connu, mais peu proche du personnage, ou parce que le look sera considéré trop cartoon et inadaptable. Ce n’est pas toujours vrai.
D’ailleurs le film « Profs » reprend parfaitement les personnages et c’est super (sauf… pour Clavier, qui était donc venu pour avoir une star, et pas pour ressembler au personnage).
Dans le premier film Astérix, ils ont changés les habits du duo et même le casque mythique d’Astérix. Dès le second, ils ont repris tout comme la BD, et depuis c’est nickel. On peut sûrement remercier Chabat pour ça.
Dans City Hunter, le dessin est réaliste, donc moins de soucis de ce côté. Et bien que l’action du film se passe de nos jours, les héros gardent leur habits du manga quelque peu rétro, ce qui passe en fait très bien !
Le résultat est excellentissime. Je vais pas me répéter, mais tous sont littéralement exactement le dessin: visage, cheveux, carrure, habits. TOUT.

Ryo Saeba / Nicky Larson EST le personnage. Il est baraqué, protecteur, efficace, et aussi obsédé, stupidement macho, drôle. Philippe Lacheau, tu joues (et réalises) comme un dieu !
Kaori Makimura / Laura EST Kaori. Exaspérée, sensible, hyper-énergique. Peut-être pas assez garçon manqué. Élodie Fontan, tu es excellente ! (et superbe (épouse-moi))
Falcon / Umibôzu / L’éléphant / Mammouth EST la montagne baraque indestructible qu’il doit être. Kamel Guenfoud, tu casses la baraque.
En second plan, Hideyuki Makimura / Tony Marconi et Saeko / Hélène sont parfaits aussi.
En personnages inventés, nous avons Didier Bourdon qui joue sérieusement son rôle. Très content de te voir.
Le comic relief à la française est là. Fallait-il le mettre ? Je ne sais pas, mais il est très bien. Merci, Tarek Boudali.
Un dernier personnage inventé, avec peut-être trop de place à l’écran, joué par Julien Arruti qui offre une excellente performance. Le personnage et ses tribulations sont un ravissement.

Oui, je confirme que je trouve un peu dommage d’avoir ajouté pleins de personnages secondaires pour un humour très français, là où quelques trames du manga original auraient pu être reprises et des personnages replacés.

Ce film est comme Astérix (oui, oui, et Obélix) : Mission Cléopâtre. Ce dernier est 1/2 Astérix (ce qui est déjà plus que les 3 autres) et 1/2 Humour Canal/Les nuls.
Ici, nous avons 1/3 Manga City Hunter, 1/3 Nicky Larson et Club Do’, et 1/3 humour français.

Et si vous voulez que le cast soit asiatique, je vous invite à souffrir devant la vieille adaptation avec Jacky Chan, où il nous fait l’honneur de jouer également Chun Li de Street Fighter II.

Péééénis

Vous êtes encore là ? Parfait, je vais parler d’un dernier petit truc.
Comme j’ai dis au début, l’humour est souvent bourrin et vulgaire. Ça ne me dérange pas, et c’est raccord avec l’oeuvre originale. Étonnement, on n’y voit jamais de fille nue. Même le fan-service Laura est très limité. Étonnant car le manga montre bien des filles nues, à la japonaise, c’est à dire sans jamais de tétons et rien entre les jambes (oui, juste rien).
Et dans ce film, hé ben, y’a pas de tétons non plus, mais par contre y’a des zizis.
C’est surement la première fois que je vois dans un film récent et à grand public un pénis. Alors, ce sont des plans d’une demi-seconde, hein.
Mais c’est bien.
Oui c’est bien, dans ce monde débile de tabous absurdes, où on peut pas montrer un pénis au repos, mais on peut montrer 99% d’un corps nu féminin pour vendre un yahourt.

Il y a 40 ans, les Monty Pythons eux non plus n’avaient pas peur. Extraits de « The Life of Brian ». (J’ai pas trouvé de version non censurée sur le net, j’ai pas réussi à faire lire mon DVD par mon PC, donc voici des images tirés d’un stream illégal.)

Ça me fait penser au film Deadpool qui se targuait tellement d’être interdit aux moins de 17 ans, alors qu’il n’ose même pas montrer un téton.

Libérez-vous.

Bon, j’ai un peu perdu le sujet, et le temps de finir l’article, le film n’est sûrement déjà plus en salle. Donc achetez-le.

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