Why do witches burn?

Because they’re made of wood, like bridges, and so float on water, like churches, very small rocks, gravy, and a duck.

Soyez Shônen !

Le août 28th, 2007

J’avais commencé un post sur un manga, et j’ai ouvert une parenthèse. Et j’ai trouvé que la parenthèse devenait grave longue alors voilà, c’est un post seul, et le prochain y fera référence.

Un peu de culture. Le Shônen, surtout dit dans un texte en français, représente une catégorie de mangas (la BD japonaises oui, comme Card Captor Sakura, Dragon Ball, Death Note. Souvent ils sont adapté en dessins animés mais sont en papier à la base).
Cette catégorie est celle des lecteurs de sexe masculin, adolescents. C’est à dire que le manga est à priori pour le public des garçons adolescents (« shônen » veut dire « jeune garçon »).
Souvent, le Shonen est un manga d’aventure, de baston, avec des héros balèzes et charismatiques qui défoncent des méchants (Dragon Ball, Saint Seiya (Chevaliers du Zodiaque), Naruto, sont des shonens).

Quelque chose d’assez récurent dans le Shonen, qui m’énerve des fois un peu, et des fois fortement, c’est que le héros (souvent une tête vide très résistante aux coups qui n’abandonne jamais, et fini par trouver en lui la force nécessaire pour détruire son ennemi à la base 10 fois plus fort que lui) fonce au lieu de penser. Et que ça marche.

Exemple : 10 tueurs professionnels en arme entrent chez toi et enlèvent ta petite amie. A ce moment tu peux 1) fuir, 2) appeler discrètement les flics, 3) te cacher puis les suivre, 4) chercher ton voisin ninja 5) foncer sur eux en criant AAAAAAAAAAAAHHHHH!!! et te prendre 384 balles dans le corps et mourir.

Si vous n’avez pas répondu la 5), vous n’êtes vraiment pas shônen ! Car c’est ça que le héros shônen fait, sinon c’est un sacré lâche.

Cette manière d’agir, de foncer et s’obstiner, jusqu’à se mettre en danger ou se tuer, est à l’opposé de ma manière de penser. C’est une chose. Mais c’est surtout quelque chose de profondément débile. Dans le sens où c’est une des multiples manières de cracher sur l’intelligence (les autres manières reviendront dans des posts futurs), pour la remplacer par de l’action bourrine.

Cela me fait penser a un autre mode de pensée completement absurde, que j’ai vu dans pleins d’autres mangas, celui de se positionner en victime au point de se laisser joyeusement enlever / tabasser / violer(?) car le héros est là pour nous sauver.
Dans l’un d’entre eux, l’héroine était en train de se faire tabasser grave par des méchants très méchants, et elle passait sont temps à répéter « Bidule va me sauver, j’ai confiance en lui ».
Et entre deux mandales elle pensait à lui plutot que de chercher à s’enfuir. « J’ai confiance, il viendra, j’en suis sûre ».
Heureusement que, bien que de l’autre coté de la ville, misteur héros a vu qu’il y avait du grabuge et est arrivé !
Bref moralité : soyez bourrins dans vos actions, soyez irréfléchi et héroiques, attendez que quelqu’un vous sauve pendant que vous espérez. Ayez la foi.

Pour revenir sur le sujet, avec quelques exemple. Dessin animé à vocation humoristique, Mahou Senshi Riui fini par être plus premier degrés qu’autre chose, et du coup, chiant. Dans un épisode, ce con de Riui continue à donner des grands coups de pioche dans une grotte qui a 99% de chances de s’écraser sur lui, car dit-il, « J’ai compris qu’être aventurier c’est aussi faire confiance à sa chance… » (=être con)
A la fin ils sont projeté dehors par un torrent d’eau libéré par les coups de pioches puis la grotte s’écroule. D’autres personnages l’engueulent d’abord (« T’aurai pu crever ! ») mais après et au fond d’eux l’admirent pour son courage (ark ! Continuez comme ca, y’en aura plus beaucoup d’aventuriers sur terre)…

Bref, la morale « tu ne pourras plus rien faire une fois mort » qui concluait qu’il vaut mieux réfléchir et trouver une solution viable est remplacée par « fonce comme un con mourir n’est pas grave » ce qui amène a d’autres délires dans bien des séries.

Des gars qui ouvrent une porte brûlante avec les mains nues (il en va de la vie d’une ou plusieurs personnes). Résultat théorique : plus de mains et à la place, des os avec de la chair brulée dessus, pour finir d’ouvrir une porte ca aide pas. Conclusion : connerie immense qui met tout le monde en danger.

Alternative : réfléchir 4 secondes, prendre une barre qui traine, la coincer dans le mécanisme de la porte et ouvrir sans toucher le truc brûlant. Résultat théorique : mains complètes et même force décuplée par le levier. Conclusion : bien plus de chances de sauver tout le monde.
Il n’y a pas de barre ? Alors alternative : prendre un vêtement et se l’enrouler dans les mains avant d’attaquer le mécanisme…

Pourtant c’est la première méthode qui fut utilisée par le père Hikari dans Evangelion (qui ouvre la capsule où Rei est prisonnière) et par le gamin dans Trigun (qui tourne un levier pour arrêter un train fou). Evidement, on a bien plus l’air d’un héros qui a tout donné, avec les mains brulées. Et puis la fumée sur les mains qui tiennent le levier, c’est tellement plus spectaculaire.

Passons pour conclure à un petit débat sur le roi, voire le dieu de la persévérance qui marche pas et qui tue les gens : Saint Seiya (oui, les Chevaliers du Zodiaque).
Seiya le chevalier pégase relance 67 fois la flèche d’or dans la gueule à Poséidon alors qu’à chaque fois elle lui revient sur sa gueule ou celle d’un de ses amis (qui lui disent de continuer, car ca les dérange pas trop de mourir une ou deux fois pour la cause). Et il recommence, et il recommence, et à chaque fois le Dieu Poséidon lui dit que ca ne peut pas marcher, et à chaque fois la flèche s’arrête devant Poséidon, et fonce sur Seiya.

A cela, « aldo » de fr.rec.anime répond:
Peut-être. Cela dit, replaçons-nous dans la situation : la Terre va être bousillée par Poséidon dans cinq minutes (à rallonge) et tout le monde va y passer. Son aura est telle que rien ni personne ne peut l’atteindre. La flèche du Sagittaire et la foi sont les deux armes les plus puissantes qu’ils aient à leur disposition. Que ferais-tu ? Tailler le bout de gras avec lui pendant ces cinq dernières minutes ?
S’il y a ne serait-ce que le plus petit espoir, même infime, autant tenter le coup puisque la mort est promise de toute manière.
Que faut il faire? tenter quelque chose qui n’a qu’une chance sur un million de reussir ou ne rien faire?

Ma réponse : Tenter ce qu’il n’a qu’une chance sur 10 de réussir.
C’est la 3e solution magique qui consiste à réfléchir 3 secondes avant d’agir, ce qui différencie les humains des poissons en gros.

Aldo toujours: Cette oeuvre est ecrite par un asiatique pour des asiatique (Leur morale semble légèrement differente)

Certes, et c’est à prendre en compte, mais si je peux tolérer une morale qui dit : « suicide-toi pour le bien du groupe » j’ai du mal à piger celle du « agis comme un con pour avoir l’air classe ».

Pourquoi je vous parle de tout cela, pourquoi est-ce important ? Parce que le shonen parle à des gens influencable (des humains), très influencables (pas adultes), et qu’il est quand même porteur, même si à son insu, d’un exemple.
Il permet de définir ce qui est cool et ne l’est pas.
Alors moi, je ne peux pas laisser passer ça, je gueule.

Je cite Alexandre Amirà (sur fr.rec.anime toujours, c’était dans le même fil de discussion) : Parce que les produits de divertissement sont un véhicule plus ou moins important des valeurs morales d’une société.
Il ne faut pas croire qu’ils sont simplement innocents : Les produits reflètent quelque chose et perpétuent quelque chose ; ils peuvent servir à des fins publicitaires, propagandistes ou éducatives par exemple.

Voilà, méfiez-vous du shônen.

Le titre vient d’une citation de Jashugan qu’il a faite sur fr.rec.anime, merci à lui :)

7 Responses to “Soyez Shônen !”

  1. « très influencables (pas adultes) »
    Bons danseurs (les noirs), bouffeurs de burgers (les Américains, supérieurs (les hommes),… Je continue ? ;)
    « À 4 ans on t’a dit d’être con, à 14 ans on s’est plaint : tu étais con. » :)

    Réponse Salagir : Ma phrase n’a jamais sous-entendu que les adultes n’étaient pas influencables. Par contre si tu affirmes que les enfants ne le sont pas, tu délires.

    Pashupati

  2. Petites corrections : c’est shônen (o long), et c’est Seiya ^^.

    Sinon je suis totalement d’accord avec cet aspect « soyons con » des shônen, qui m’irrite au plus haut point. Pour ça que je lis plutôt des seinen (Gunnm, Berserk, etc…), y’a autant d’action mais y’a aussi de la réflexion ^^.

    Réponse Salagir : Ah te voilà, tu n’étais pas connecté donc je n’ai pas pu te prévenir de l’article mais je vois avec bonheur que tu as ta propre source.
    Seiya: changé (noter que je m’étais pas trompé au début ;) Pour shônen j’allais répondre « renàfout' » mais en fait soyons respectueux :)

    Jashugan

  3. Ma source, c’est Google Reader :) (et je suis jamais connecté au taff, on a tout de bloqué :/).

    Jashugan

  4. « Réponse Salagir : Ma phrase n’a jamais sous-entendu que les adultes n’étaient pas influencables. Par contre si tu affirmes que les enfants ne le sont pas, tu délires. »
    Je n’affirme pas que les enfants ne le sont pas. Ta phrase a toujours sous-entendu que Machin Chouette qui vit au 42, rue Truc sera naturellement/automatiquement très influençable puisque pas adulte.

    « renàfout »
    Ce qui m’inspire une phrase…
    Renàfout di shônen se hirikiro sanôme eijiflôp pômpôm. (Si vous êtes un personnage de shônen vous comprendrez cette phrase à haute valeur philosophique… sauf qu’elle ne veut rien dire, mais l’un n’empêche pas l’autre)

    Re-Réponse Salagir : heu… hein ? Machin chouette quoi ? Enfin ce que je voulais dire c’est que les non-adultes sont très influençables.

    Pashupati

  5. (Machin, c’est son prénom et Chouette son nom de famille. C’est mon voisin, il a 6 ans, il n’existe pas et j’adore lui parler. « Hé, Machin, ça va ? » « Oui » « Ah ! C’est chouette ! » « ???! » « Quelqu’un qui n’existe pas vient de m’adresser la parole \o/ » « … »)
    « Enfin ce que je voulais dire c’est que les non-adultes sont très influençables. » (Salagir)
    C’est justement ce que je critiquais. Et je voulais dire que les arabes sont des délinquants, les pédophiles des violeurs, les vieux des réactionnaires,… Ça marche avec tout le monde.

    Réponse Salagir: cool trollons. Je ne pense pas que ce que je dise soit un préjugé. Plus on est jeune, moins on a l’expérience. Moins on sait les choses, et donc plus on les apprends, plus on se fait influencer par elles. Je ne dis pas que reproduire soi-même ce qui a l’air cool (fumer entre autres) est quelque chose qui disparaît chez l’adulte, mais je pense pas me tromper en disant que en moyenne ça s’amoindrit avec l’âge.
    Quand on offre une lecture au plus jeune, on doit savoir qu’on ne parle pas à un adulte. Et que si la phrase de Desproges « Il faut donner la main à nos frère inférieurs (les noirs)… après avoir mis des gants évidement ! » Peut faire rire un adulte qui comprends le second degrès, elle peut avoir d’autres résultats sur un enfant qui apprends lentement ce qu’est le racisme.
    En expérience personnelle, je sais très très bien que j’étais énormément influencé par mes lectures. Et bien après 6 ans, j’en ai fais des conneries, influencé par mes BDs. Rien de grave mais inutile de mentir, les gamins sont super influencés par ce qu’ils lisent, et je leur ferai pas lire Berserk. Dragon quest (Fly) par contre, oui…

    Pashupati

  6. Article bien sympa :)

    bastistouze

  7. c’est bien vrai que courir devant soi en gueulant BASTOOOOOOOON!!!!!
    c’est pas super malin mais hélas c’est ce qui plait (voir le succès de naruto comparé à celui de X1999 ) ben oui le héros ne fonce pas toujours pour se battre, il y a une baston tous les 4 épisodes (sur 24 et qui durent même pas la moitié de l’épisode) et généralement le shônen plait beaucoup aux filles (les auteurs insèrent des trucs de shôjo dedans)mais certains shôjo sont tout aussi débiles

    TH3 Mot (sarumane)

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