Why do witches burn?

Because they’re made of wood, like bridges, and so float on water, like churches, very small rocks, gravy, and a duck.

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J’ai lu le même jour, par hasard, deux mangas avec une trame de scénario complètement identique. Il s’agit de City Hunter Rebirth, et de Comment je me suis réincarné en Yamcha.
Dans les deux cas cela commence par une personne normale de notre monde réel qui connaît et adore le manga que l’on connaît, qui meurt dans un accident, et se retrouve réincarné à l’intérieur de son manga préféré. Les deux héros connaissent par cœur l’histoire dans laquelle ils sont plongés, et vont essayer de ne pas la modifier par leur présence.

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Comment je me suis réincarné en Yamcha, est un seul tome manga avec une histoire complète. C’est très sympa et dessiné dans le style de Dragon Ball. Le héros est un lycéen célibataire banal et un peu nerd. Il fait une chute fatale et se réveille dans le corps de Yamcha, vers le début de l’histoire qu’on connait, parmi Gokû, Bulma… Une fois le choc passé, le personnage décide de vivre au mieux dans ce monde en tant que Yamcha, en évitant de se faire ridiculiser autant de fois que le personnage original.
Comme c’est court, l’histoire de Dragon Ball (Z) et très très résumée. Ensuite, on avance un peu plus sur la trame de la réincarnation elle-même, pour un final sympa et plaisant.
Le créateur est fan de Dragon Ball et ça se voit.

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City Hunter Rebirth va beaucoup plus loin. Déjà, il y a plusieurs tomes. L’histoire est en cours et je me demande vraiment où ça va aller.
Mais d’abord un mot pour parler du dessin qui est absolument magnifique, identique à la plus grande période de qualité de Tsukasa Hojo lorsqu’il dessinait City Hunter.
Grand fan de City Hunter, j’ai adoré relire le manga de cette façon.
La dessinatrice de ce nouveau manga, qui incarne clairement également le personnage principal, et une fan de City Hunter, c’est sûr, et se contrefous de la suite / série alternative Angel Heart, ce qui me va très bien.
L’héroïne, une femme célibataire de 40 ans associale, tombe sur une voie de train et se réveille dans le passé et dans le Shinjuku de City Hunter, jeune fille.
Le tome 1 raconte strictement, exactement la même chose qu’une partie spécifique du manga original (tome 18 en édition « J’ai Lu »). Avec juste ce personnage en plus qui fait dans sa tête quelques réflexions, et essaie au maximum de ne pas changer l’histoire. Pourtant, c’était un plaisir gigantesque que de relire ce passage. On est exactement comme le personnage : fan voire amoureux de la plupart des personnages du cast (et elle semble bisexuelle).
Mais, une fois que l’on aura fini cette saga, que va-t-il se passer ? Pour l’instant, dans le tome 2, la saga suivante (tome 19) arrive et on y fait la même chose. Mais… va-t-on continuer à voir des sagas totalement identiques, ce qui va devenir très ennuyeux, ou enfin l’histoire va-t-elle diverger, au point de devenir toute une suite de nouvelles aventures originale de City Hunter ?

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Des histoires avec des héros qui se retrouvent dans des mondes imaginés, merveilleux, ou du livre qu’ils lisent, cela existe (à commencer par L’histoire sans fin, puis Narnia, etc.).
D’ailleurs on peut citer, toujours en mangas :
Moi, quand je me réincarne en Slime (Un salaryman de 37 ans célibataire, meurt. Il se réincarne dans un autre monde en Slime qui peut dévorer d’autres créatures et obtenir leurs capacités, et va arriver aux sommets et réussir pleins de quêtes)
Re:Monster (le narrateur et personnage principal est un combattant d’un monde futuriste qui meurt et se réincarne en gobelin. Il peut aussi obtenir les capacités des autres (grâce aux pouvoirs de sa vie précédente), et monte très vite de niveau. Il revient hobgobelin puis ogre, gagnant toutes ses batailles et réussissant tout au point d’être un peu ennuyeux)

Trois de ces quatre héros sont des minables de la vie réelle, qui deviennent surpuissants dans un monde inventé.
Ils sont des Mary Sue (Gay Stu pour les garçons). Définition :
Créé dans le monde de la fan-fiction, une Mary Sue est un personnage ajouté à la série reprise, personnalisant l’auteur. Idéalisée et parfaite, aimée de tous les personnages pré-existants, elle va devenir plus forte qu’eux et souvent les sauver.

Vous le voyez, ces deux mangas ont repris un thème de fan-fiction. Aucune œuvre officielle n’avait utilisée le concept du lecteur arrivant dans un monde… qui est une œuvre existante ! Et c’est là le génie marketing de ces deux mangas, on réalise directement le rêve personnel du lecteur déjà fan du manga original.

La Mary Sue est un bonheur pour l’auteur, mais aussi pour le lecteur si celui-ci se retrouve dedans. Et qui a envie de se retrouver dans ce vieux manga qu’est City Hunter, sinon un vieux de 40 ans comme l’auteur et moi ?
Si ça marche, c’est parce que ça raconte aussi un rêve. On est ici littéralement dans l’histoire. On ne s’identifie pas au héros, on est le héros. Le lycéen mal dans sa peau ou l’adulte accroché à ses vieux mangas.

Le héros connaît tout du monde, que ce soit parce ce monde a littéralement les règles d’un jeu vidéo, ou que se soit parce qu’il connait le manga dans lequel il a atterri par cœur.
Donc en plus de souvent gagner des pouvoirs, il a déjà la connaissance. Il est encore plus fort qu’un Gary Stu.
C’est donc le kiff ultime du lecteur de manga qui aimerait bien entrer dans son manga… Il y entre, et il gère tout.
C’est raconté à la première personne. Le héros réagit comme on voudrait, et il fanboyise devant les autres persos comme on le ferait.

Une formule facile, mais qui marche, surtout quand on la fait avec autant de qualité (dans ces deux cas).
Tout en espérant que cette formule ne sera pas trop réutilisée, je vais continuer à acheter City Hunter Rebirth, dans l’espérance de nouvelles histoires.

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